Maras/Moray/Chinchero

Hier je me retrouvais encore embarquée dans une journée de visites. Au programme : les terrasses de Moray, les salines de Maras (véritable coup de coeur) et une fabrique de textile artisanale.

Laine de mouton ou d’alpaca, racines pour détergent; fleurs, plantes, lichen, maïs et cochenille pour colorant; sel pour fixer les couleurs ; os de llama pour travailler le tissu si besoin… L’artisanat est tout un art et bien sûr écologique !

Après cet intermède sur le textile, il était temps de me rendre aux fameuses terrasses de Moray. Elles étaient utilisées par les Incas pour faire des expériences agricoles. Les murets en forme de cercles concentriques et construits à différentes hauteurs permettaient d’obtenir divers climats et ainsi de tester différentes variétés de légumes sur quatre sites, le tout en étudiant le comportement de la lune, du soleil ou des étoiles. La température était plus chaude au centre et diminuait à mesure qu’on s’en éloignait.

Le plus surprenant peut-être, est que si l’on trace un cercle sur une mappemonde on se rend compte que ce site archéologique est parfaitement aligné avec d’autres sites de haute importance comme Petra, Angkor Wat ou encore les pyramides Égyptiennes… D’autres sites bien mystérieux !
En ce qui concerne les salines c’est le plaisir des yeux! Et des papilles ? On dit que c’est le meilleur sel du monde … il n’y a plus qu’à goûter !

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Rainbow Mountain et Valle Rojo

Encore un trek époustouflant ! Si je continue comme ça je ne vais pas quitter Cusco … 
Rendez-vous à 4h du matin Plaza de Armas pour l’ascension permettant d’admirer la Rainbow Mountain ou Montaña de Colores. Il faudra environ deux heures de marche pour atteindre les 5000m mais en mastiquant quelques feuilles de coca c’est une randonnée qui s’avère facile. J’ai pris cette habitude de mâcher la coca depuis le trek de Salkantay car le maté seul ne suffisait pas, j’avais toujours la respiration saccadée. Je tente même un sprint à la fin avec mes compagnons du jour mais on s’esclaffe en se rendant compte de notre erreur… Faut pas pousser non plus ! Arrivés au sommet on savoure… les couleurs sont incroyables et la vue sur la vallée derrière nous est splendide. On s’arrête le temps d’immortaliser ça puis on prend la route de la Vallée Rouge ou Valle Rojo. 
Cette partie du circuit n’est proposée que par quelques agences car très récent (3 ans). Nous étions les seuls sur le chemin et pourtant je ne pourrais que recommander cette route magnifique qui en plus évite un bête aller retour. C’est un pur lâcher prise. Au détour d’un col, tout se teint soudain de nuances rouges et vertes. Le sol devient meuble; les minéraux, comme du sable, se tassent sous nos pieds mais il y en a tellement que nous nous enfonçons. Il ne manque que la planche et l’on pourrait faire du sandboard! Des tâches de mousse d’un vert qu’on croirait presque phosphorescent contrastent ici et là ce paysage. Et non loin de là le glacier en impose de son blanc immaculé. 

Lors de ces quatre heures de descente nous apercevons uniquement trois fermes, des lamas, alpacas, chevaux, et quelques modestes plantations de pommes de terres. Une rivière couleur saumon serpente enfin entre des vallées redevenues vertes. 
C’est imparable, la magie péruvienne a fonctionné!

Trek de Salkantay/Machu Picchu

Le Trek de Salkantay est un joli trek de 4 ou 5 jours au choix entre montagne et jungle qui s’achève par la visite du Machu Picchu depuis Hidroeléctrica. Environ 8h de marche par jour avec un point culminant à 4650 m. Très agréable mais de mon point de vue moins beau que celui de Santa Cruz à Huaraz ou le Parc Huascarán. 

Le troisième jour, après avoir longé la voie ferrée pendant 3h nous dormons à Aguas Calientes. Le réveil est programmé à 4h30 le lendemain matin. Départ à la lampe torche jusqu’au point de départ de l’ascension du Machu Picchu. Les portes s’ouvrent à 5h, nous sommes les premiers à partir sans compter les chiens qui jappent d’impatience en nous bousculant. Nous commençons à gravir les marches dont la taille varie énormément, dans le noir. De temps en temps on s’arrête pour reprendre notre souffle et nous delester de nos vestes. Après une heure et environ 1000 marches gravies nous atteignons l’entrée du site. Il est 6h, le brouillard est dense et c’est la déception… On ne voit rien! La pluie ne tarde pas à arriver et c’est dans ces conditions loin d’être optimales que démarre la visite. Heureusement vers 10h le ciel se dégage et c’est une autre vue qui s’offre à nous ! Le site est splendide et impressionnant à la fois, divisé en deux (une partie rurale en terrasse et une partie urbaine habitée). 

Malheureusement pour moi, cette excursion aura toujours un goût amer… En effet la veille au soir à Aguas Calientes j’apprenais que mon vélo venait d’être volé! Je n’ai donc pas tellement profité du Machu Picchu étant très préoccupée. Le soir même, à mon retour à Cusco je passais deux heures et demies au commissariat pour déposer plainte et après deux jours d’attente j’ai eu la bonne surprise de récupérer ma monture. Plus de peur que de mal donc mais une bien grosse frayeur quand même !

Ayacucho

Huancayo – Ayacucho

Bonjour à tous, je m’excuse pour ce manque de communication ces derniers jours sur le blog. Entre les faibles connexions, le vélo volé le 20 décembre… Puis retrouvé le 25, et les treks je n’ai pas eu beaucoup de temps pour moi. Mais ce matin je rattrape mon retard afin que vous puissiez vous mettre à jour !! J’en profite aussi pour vous souhaiter à tous de joyeuses fêtes de fin d’année !
À Huancayo mes amis français ont décidé de poursuivre la route en bus, ne se sentant toujours pas au top de leur forme. Je sors donc seule de la ville… Pour six kilomètres seulement en réalité puisqu’un cycliste fini par m’interpeller alors que je m’arrêtais pour prendre une photo! Jeremy vient de Seattle et nous partagerons les quatre prochains jours ensemble. Une personne très sympathique qui n’en est pas à son premier voyage. 

Nous suivons le fleuve Mataron en passant par Izcuchaca, La Esmeralda, Huanta et enfin Ayacucho. Nous passons la première nuit au milieu d’une forêt, la seconde derrière une maison en ruines face au canyon, la troisième au fond du canyon et la dernière au milieu des cactus! 

Les paysages sont époustouflants et nous ne rencontrons presque personne. Malgré tout le deuxième jour un couple de paysans vient à notre rencontre, ils parlent Quechua et très peu Castellano alors le dialogue est compliqué mais leur regard et leur sourire en disent long, ce fut une belle connexion! J’en profite pour demander à me faire tresser les cheveux à la péruvienne et ainsi prolonger un peu ce moment. Plus tard sur notre route je vois un petit garçon faire du vélo, je lui dis de nous rejoindre, sa mère rigole et nous offre une papaye ! C’est sympa mais c’est lourd 🤣

Ces quatre jours ont parfois été compliqués, notamment à cause d’un vent fort et surtout par une chaleur épouvantable le troisième jour, le sol en étant même craquelé ! Il fallait bien jauger sa consommation d’eau…

Arrivés à Ayacucho, nous passerons une journée à flâner dans cette ville coloniale qui a enfin quelque chose qui sort du lot (depuis mon arrivée au Pérou je m’extase devant les parcs naturels mais les villes n’ont rien d’extraordinaire !) puis direction Cusco en bus. C’est ici que je quitte Jeremy car je pars faire le trek de Salkantay pour quatre jours.

De La Unión à Huancayo

Depuis la Union nous avons enchaîné les dénivelés positifs pour rejoindre Huanuco et San Rafael. Dans les villages de montagne aux maisons d’adobe, la saison des pluies nous a parfois bien compliqué la tâche : les pluies diluviennes péruviennes créant de grosses ornières de boue fraîche. C’est lors d’un de ces jours pluvieux, après avoir essuyé un orage, que nous sommes arrivés  à Acobamba. On décide de faire une pause, la chaîne de Julien se bloque sur le premier et le deuxième plateau. Wilmer arrive alors et nous propose l’hébergement à Chupan, le village d’à côté. Finalement, pour la toute première fois du voyage cette expérience chez l’habitant nous laissera un goût amer. Candidat aux futures élections municipales, il n’a eu cesse de profiter de notre présence pour aller saluer tout le village à nos côtés et prendre quantités de photos. On s’est senti utilisés à nos dépens. On a pris congé le lendemain alors que l’orage pointait déjà le bout de son nez. Heureusement pour nous Chavinillo n’était pas loin. Une nuit dans ce petit village paisible où les gens sont très accueillants et on repartait pour 73km. Là bas à Huanuco, Midori et sa famille nous ont accueillis pour deux nuits au dessus de leur boulangerie. Le temps de nettoyer nos vélos et de faire une petite révision, nous les avions quelque peu malmenés depuis notre entrée au Parc Huascarán ! Le temps aussi de faire le plein de pain et de paneton maison (les fêtes de fin d’année approchant, on voit ces brioches fourrées aux fruits confits (quelques peu artificiels  les fruits… ) dans toutes les grandes surfaces ou petites échoppes!) Puis alors que nous faisons route pour San Rafael, nous rencontrons un couple colombien parti rejoindre la Terre de feu eux aussi mais eux rentreront en Colombie également à vélo. On leur souhaite bien du courage et on reprend notre chemin. Enfin arrivés, les policiers nous offrent la douche et la mairie son balcon pour « planter » la tente. Malheureusement, mauvaise surprise pour Marlène qui se réveille avec une forte fièvre, on décide donc de prendre le bus pour Huancayo. C’est ça les aléas du voyage !

Traversée du Parc Huascarán à vélo

Avec mes deux acolytes français, Marlène et Julien, nous sommes arrivés à Catac avant de véritablement nous lancer sur la route menant au Pastoruri: « la route du changement climatique » comme ils l’appellent ici.

C’est une fois arrivés au parc naturel de Huascarán (que nous traverserons) que les choses se compliquent : on quitte l’asphalte pour la piste : terre, gravier, grosses pierres irrégulières, passages de rivières nous suivront jusqu’au bout.

Le premier jour nous ferons seulement 13km de piste : surpris par les éclairs alors que nous profitions d’un rayon de  soleil pour entamer une sieste digestive, et sans abris à l’horizon, nous préférons nous arrêter au poste de contrôle à l’entrée du parc pour dormir à l’abri. C’est la foudre plus que la pluie qui nous effraie. On monte les tentes et on sort le réchaud de bonne heure car demain le réveil est mis pour 4h45 !

Le deuxième jour nous ferons 26km de piste avec un dénivelé de 700m et un col à 4819m. Le souffle est court, j’ai l’impression de souffrir d’asthme et tousse souvent dans les montées, pour mes compagnons c’est plutôt les nausées et le mal de tête, bref les infusions de maté c’est bien mais ça ne fait pas tout. On est tellement contents de passer le col et les paysages sont splendides, encore plus beaux de ce côté de la montagne. On décide de planter la tente de bonne heure encore une fois car les nuages se font menaçants. Mais cette fois alors que nous nous reposons c’est la grêle puis la neige qui nous réveillent ! Une heure avant les moutons passaient devant nos abris de fortune, désormais tout est blanc et tranquille. Le brouillard s’est installé, nos vélos et nos tentes sont entièrement recouverts de neige. On commence à déneiger les alentours, même les baskets en gore-tex n’aiment pas ça et perdent leur étanchéité. On va vite se réchauffer autour du réchaud. Ce soir pas de lagune pour filtrer l’eau ou faire la vaisselle mais de la neige en veux tu en voilà. Dormir à 4600m parcontre ce n’est pas facile, le simple fait de ce retourner dans mon sac de couchage et j’ai la respiration qui s’accélère!

Troisième jour : ranger les sacoches et démonter la tente c’est déjà tout un effort à cette altitude, j’ai la tête qui tourne, la journée commence mal… un second col nous attend à 4870m. Une raclée que nous voulons mettre au Mont Blanc et surtout une satisfaction personnelle que je compte bien aller chercher. Au final nous y parvenons et prenons une revanche de près de 1000m de dénivelé négatif après ce col. On savoure !!! PS: au passage on notera que les freins hydrauliques n’ont pas gelés oufff

En résumé : certainement l’une des plus dures mais aussi l’une des plus belles pistes que j’aurais faite. Des paysages grandioses, changeant, et une beauté supplémentaire avec cette couche de neige surprise qui a fini de nous ravir. En passant l’ultime col et en quittant la piste pour retrouver l’asphalte je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux… J’y ai cru jusqu’au bout à ce voyage à vélo et j’y aurais tout donné, aujourd’hui plus qu’hier encore je sais que ça en valait le coup !

Désormais bien arrivés à La Union, en route pour Huanuco où nous attendent déjà nos hôtes et que nous devrions atteindre en deux ou trois jours selon notre forme. Un grand merci à tous pour vos encouragements constants et à bientôt !!

La cordillère blanche

Bien arrivée la semaine dernière à Huaraz chez Edinson et Antonio, j’ai décidé de prendre une semaine pour randonner à travers la cordillère blanche dans le parc national Huascarán.

Pour voir la vidéo, copiez et collez le lien suivant : https://youtu.be/WkTJwH6B-MY

Cette chaîne de montagnes s’étend sur 180 kilomètres de long et comprend 35 sommets à plus de 6 000 mètres d’altitude dont le Huascarán, le plus haut sommet péruvien avec 6768 m.

Le saviez-vous?
– La cordillère Blanche est la chaîne de montagnes tropicale la plus haute du monde.
– On l’appelle Cordillère »blanche » pour la distinguer de la cordillère « noire » mais ce surnom ne vient pas tant de la neige visible sur les plus hauts sommets sinon plus des minéraux qui composent ses 260 lagunes : le quartz et le feldspath et qui donnent ces couleurs turquoises ou émeraude très particulières.

Le trek de Santa Cruz:
Me voilà embarquée dans un colectivo (les mini- vans locaux) avec six autres français, deux américains, deux autrichiens et un péruvien direction Cashabamba pour mon premier jour de trek qui me mènera le quatrième jour à Valqueria. Nous camperons trois nuits à plus de 3200m d’altitude dont une nuit à 4200m.
Chaque matin, on nous réveille à 6h à coups de « hola, hola », nous rangeons les duvets, les tentes et nous nous regroupons sous la tente principale  pour un petit déjeuner succinct et une infusion de maté de coca en prévention du sorroche (mal des montagnes). Certains ont mal à la tête, moi j’ai plutôt le souffle court. Les mules sont une aide non négligeable, elles portent les tentes, duvets et nourriture. À 7h, après une toilette rapide dans la rivière nous nous mettons en route. Au total nous attendent entre 4 et 7h de marche par jour. Les paysages sont grandioses et nous en prenons plein les yeux.

Laguna 69:
Un autre trek très connu des touristes et plus abordable en autonomie car faisable à la journée. Cette fois je ne suis donc pas passée par une agence et l’ai fait avec deux cyclistes français arrivés la veille dans la famille péruvienne qui m’hébergeait depuis mon arrivée et un ami cycliste qu’ils avaient rencontré à Quito le mois dernier. Une randonnée tranquille et une couleur d’un bleu turquoise remarquable (on peut également trouver d’autres lagunes de cette couleur sur le trek de santa cruz mais celle-ci est particulièrement connue).

Glacier Pastoruri:
La route est plus longue que la randonnée cette fois… 6h de bus aller/retour pour 1h de marche sur place mais le paysage est tellement différent que ça en vaut la peine. La roche est noire, le site lunaire. Le glacier lui ne cesse de fondre, fortement affecté par le réchauffement climatique. Il est plus petit que le Périto Moreno argentin mais si les 5000m d’altitude ne vous effraie pas c’est une sortie à faire! D’autant que la route qui y mène est très plaisante et vous pourrez admirer les Puyas, ces arbres très particuliers qui ne poussent qu’ici et mesurent entre 8 et 14m de haut et ne fleurissent qu’une fois tous les quatre ans.

Atelier culinaire:
Depuis le début cette aventure est basée sur le partage et la découverte alors avec mes deux compagnons français nous avons passé de très bons moments à Huaraz à plaisanter et cuisiner pour nos hôtes péruviens : ratatouille, crumble ou encore fondant au chocolat. À notre tour nous avons goûté le arroz con leche (riz au lait), aji a la gallina (poulet, pommes de terre et piment jaune), papas rellenas (pommes de terre et farce) et le lomo saltado (plat à base de viande). Si vous voulez les recettes n’hésitez pas!