Bienvenue au Chili 🌵☀️

Bienvenue au Far West!

San Pedro ressemble à un village de l’ouest américain tout droit sorti d’un western. L’architecture particulière des boutiques et maisons ocre et blanches, la chaleur et la poussière venant des chemins de terre, les chevaux qui rentrent au ranch après une journée d’excursion pourraient nous faire oublier un temps que l’on est au Chili… Mais les routards nous le rappellent bien, ici on sort la guitare mais ce n’est pas pour jouer de la country.

San Pedro c’est aussi une ville très chère et touristique. Les rues sont pleines d’agences de voyages, de restaurants, d’hôtels ou campings et de boutiques.
Il faut aussi noter qu’à peine arrivé au Chili on remarque de grosses différences, le pays est nettement plus développé que les trois premiers visités : l’eau du robinet est potable, les routes sont pavées à l’européenne ou en terre mais sans nids de poule, toutes les maisons ont un toit et l’architecture (à Calama du moins) pourrait faire penser à nos centre-villes. Quel changement après quatre mois !

Nouveau pays, nouveau départ et nouvelles rencontres! Alors que je prenais le bus pour la frontière chilienne en ce 14 février je rencontre Jeremy, Maëva et Thomas, trois baroudeurs français en sac à dos.
Ensemble, on décide de découvrir la région sous une chaleur éprouvante et un ciel bleu que je n’espérais plus. Le temps si différent, l’amabilité incomparable des chiliens, la beauté des paysages et cette nouvelle compagnie me font oublier tous les soucis de ces dernières semaines. Durant quatre jours on s’offre San Pedro, el Valle de la Luna, el Valle de la Muerte, les lagunes Cejar et Tebinquinche, des traversées de canyons à vélo, des couchers de soleil incroyables sur le désert, des nuits en camping sauvage à observer les étoiles et le magnifique volcan Licancabur qui n’est jamais bien loin.

La route entre San Pedro et Purmamarca en Argentine étant désertique sur plus de 400 km je l’ai faite en stop, deux chiliens et un brésilien m’ont déposée dans un camping au pied des montagnes aux sept couleurs … Je ne pouvais rêver mieux! Je suis maintenant à Tilcara où je vais visiter les environs et notamment Humahuaca la montagne aux quatorze couleurs. Photos de ces deux sites dans le prochain post!

Salar d’Uyuni et sud Lipez

Quand ça veut pas ça veut pas! 

Arrivée à Uyuni dépitée donc, j’apprends que mes amis Fabien et Wendy sont aussi dans la ville et s’apprêtent à faire un tour de trois jours dans le salar et le Lipez. Ils m’appellent pour me dire qu’il reste une place pour venir avec eux… Mais au final l’agence me fera faux bon et ne viendra jamais me chercher ! Je me rends donc dans une autre agence et réserve pour le lendemain mais ce sera sans mes amis qui eux sont déjà partis… 
Ensuite commencent les problèmes mécaniques, en même temps à votre avis qu’arrive t-il à une voiture de 28 ans que l’on entretien pas et que l’on emmene toutes les semaines sur les pistes boueuses et accidentées du Lipez ? Je vous le donne dans le mille: trois des vis retenant le pneu arrière droit se cassent net. Quatre véhicules s’arrêtent pour nous aider, on retarde donc autant de groupes et ce pendant une heure en plein désert. Le guide nous affirme que la réparation tiendra jusqu’au lendemain, on espère qu’il dit vrai. Et là, c’est l’essuie glace qui lâche alors qu’une averse s’abat sur nous. On n’y voit plus grand chose c’est pas très rassurant. 

Finalement l’excursion continue: San Cristóbal (dont les mines sont au passage plus importantes que le Cerró Rico de Potosí), valle de las rocas, lagunes Hedionda, Honda, Ramadita, Colorada (malheureusement pas d’un si beau rose que ça, il paraît qu’elle est plus belle en hiver!) et l’arbre de pierre.

Mention spéciale pour le lever de soleil aux pieds des geysers à 5000m entre les montagnes enneigées, une pure beauté! 

Et enfin, une détente bien méritée aux bains thermaux d’à côté (sol de mañana) avant de commencer notre retour sur Uyuni en passant par Villa Mar où parait-il les dealers de cocaïne prolifèrent (!) et Valle de las piedras et sa laguna negra, l’ultime enchantement d’un lac bordé de formations rocheuses toutes plus spectaculaires les unes que les autres. 

Tout le long du circuit on a pu observer des lamas, vigognes, flamants roses et une viscocha (entre le lièvre et l’écureuil).
Des paysages à couper le souffle entre immensités sableuses, rocheuses et montagneuses. Un site de près de 22 355 km2 (environ 11 000 km2 en comparaison pour le salar) dont on comprend toute l’hostilité en le traversant ainsi … D’autant que toutes les lagunes ne sont pas potables! Très peu de villages, parfois abandonnés d’ailleurs. Bref, à faire absolument tout comme le salar. L’unique regret: après quatre mois à visiter sur mon vélo j’avais terriblement la sensation d’être au « Paris Dakar des touristes » du fait que tous les 4×4 s’arrêtent au même endroit au même moment et qu’ainsi tous les touristes patientent pour prendre chacun la même photo du même site. Tout ça me paraissait soudainement bien triste… 
PS: l’eau du salar n’a pas diminué, simplement les voitures s’enfoncent au cœur du salar, là où le niveau est plus bas. Mais aucune zone n’était sèche…

Bien arrivée au Chili depuis mercredi! De nouveaux horizons mais toujours une même envie d’aventure, je vous promets encore bien de belles choses ! À très vite!!

En route vers le salar

Oruro-Challapata-Salinas-Tahua-Uyuni

En appelant Anthony, le dernier des Bike Warriors qui comme moi n’avait pas encore traversé le salar j’avais finalement décidé de changer mes plans et de partir vers le sud-est pour le retrouver à Challapata plutôt que de prendre la direction du sud directement. Oui mais voilà Mr a eu des problèmes mécaniques qui l’ont forcé à s’arrêter plusieurs jours à La Paz et Oruro. De mon côté j’ai donc décidé de poursuivre vers Quillacas et Salinas en pensant le recontacter là bas mais me suis finalement retrouvée dans des villages sans réseau ..et sans eau avec même parfois aucun hostal ouvert (carnaval oblige). Qu’importe, l’hospitalité bolivienne m’a sauvée et j’ai poursuivi mon chemin vers le salar. 

Bon là, ça a commencé à se corser. En quittant Salinas j’ai aussi quitté l’asphalte et si cela m’a réjouis sur les premiers kilomètres c’était un peu moins drôle au fur et à mesure que les heures passaient… Pour tout vous dire, j’ai (encore?) manqué la bifurcation et me suis donc retrouvée sur le pire des deux chemins menant au salar. Tenez vous bien c’est donc près de 6h30 qu’il m’a fallu pour ne faire que … 33km! Tôle ondulée, sable, pierres, ornières et trous d’eau j’ai eu la totale et quand enfin j’ai aperçu le petit village et l’étendue bleutée juste derrière s’étendant sur des kilomètres j’ai cru que mes peines étaient enfin terminées. Oui mais non… En arrivant au village les habitants curieux ont commencé à me questionner et ont très vite essayé de me dissuader « le salar est inondé, c’est trop dangereux. Tu sais, le salar a aussi de bien tristes histoires, des gens s’y perdent et n’en reviennent pas, tu vas te fatiguer dans l’eau et tu ne pourras peut être plus faire demi-tour ». Mais têtue je voulais le voir de mes propres yeux. Alors le lendemain matin très tôt j’ai pris mon vélo. J’ai parcouru les deux kilomètres qui me séparaient du village et me suis arrêtée devant la digue. Là, j’ai pris une grande inspiration en regardant de chaque côté, ce n’était pas un désert de sel mais bien une mer de sel qu’il allait me falloir traverser. 38km pour rejoindre cette île Incahuasi qui me nargait au loin. Arrivée au bout de la digue, premier coup de pédale et la roue avant s’embourbe. Le vélo perd l’équilibre et manque de tomber. Je mets pied à terre pour me rattraper et c’est l’effroi: j’ai de l’eau jusqu’à mi-mollet! Je parviens avec difficulté à remettre le vélo sur la digue et cherche un endroit qui serait plus facile pour pédaler mais second échec. Je dois me rendre à l’évidence cela semble impossible. J’ai donc attendu deux jours dans ce petit village pour qu’un bus m’amène à Uyuni, deux jours à ruminer ce premier échec cuisant car l’eau est montée en deux semaines, j’ai manqué mon opportunité de peu et m’en suis voulu. D’autant plus que le Lipez ne m’était pas recommandé non plus pour les mêmes raisons. C’est donc la moitié du pays que j’allais devoir parcourir en 4×4 … 

Arrivée à Uyuni j’ai donc pris un tour de trois jours dans une agence de voyage pour malgré tout parcourir ces étendues désertiques. Photos dans la prochaine publication ! Pour information, je prends le bus mercredi matin pour la frontière chilienne direction Calama en espérant laisser tous ces mauvais moments derrière moi et redémarrer comme je l’avais fait jusqu’ici avec passion, détermination et le sourire!

Oruro-Potosi-Sucre

Déguster un pastel de queso et un buñuelo à Oruro, le tout accompagné d’un petit verre d’api, avant de monter à la Vierge et de regarder défiler les fanfares et danseurs en pleine répétition pour le carnaval (du 10 au 12 février); 

Revoir deux des six membres des Bike Warriors le temps d’une visite à l’une des 5000 mines du Cerro Rico de Potosi après un mois sans en voir aucun; 

Me balader dans la belle ville blanche de Sucre, patrimoine de l’UNESCO et capitale de Bolivie… 

Voilà un petit aperçu de mon passage dans le nord de la Bolivie. J’ai ensuite pris la direction du Sud : Oruro-Challapata-Quillacas-Salinas-Tahua-Uyuni et le voyage s’est bien compliqué : je vous raconte tout dans le prochain article !