Chiloé, une île de légendes et de traditions

Chiloé, un archipel de traditions et de légendes

Après soixante-dix kilomètres depuis Puerto Montt et à peine une demi heure de ferry mon petit vélo et moi débarquons sur l’île de Chiloé, la seconde plus grande île du Chili après la Terre de feu, sous une pluie qui ne cesse depuis déjà plusieurs jours. Bien décidée à rejoindre Ancud, j’enfile donc le poncho, le bonnet et les gants et achève les trente kilomètres restant. C’est à ce moment que je me rends compte d’une chose… L’île est tout sauf plate!

L’île ou l’archipel d’ailleurs ? On dit souvent l’île de Chiloé mais en réalité il s’agit d’un archipel composé d’une trentaine d’îles dont l’île principale en effet surnommée Chiloé ou grande Chiloé. Et il y a tant à dire sur cet archipel!

Vous avez peut-être déjà entendu parler de ses mythes et légendes ? Il paraît que les chilotes (habitants de Chiloé) y croient. Vrai ou pas, cela fait aussi sans aucun doute partie du folklore touristique. Il n’y a qu’à arpenter le marché du port de Castro pour voir le nombre de stands vendant ces livres contant les mythes de l’île. En tout cas une chose est sûre, le mauvais temps à Chiloé n’est pas un mythe!!!

L’archipel est aussi connu pour ses églises en bois. Sur plus de soixante dispersées sur différentes îles, seize sont inscrites au Patrimoine de l’Humanité. Une route touristique à donc été développée et permet aux touristes de les découvrir. Personnellement je n’avais pas le temps de toutes les voir mais voici celles reconnues par l’Unesco: Achao, Detif, Chonchi, Aldachildo, Caguach, Castro, Nercón, San Juan, Chelín, Vilupulli, Quinchao, Tenaun, Ichuac, Rilan, Colo et Dalcahue (vous remarquerez qu’elles se concentrent sur l’est).

Si les églises sont en bois c’est qu’on le trouve en grande quantité sur l’île. Depuis toujours cela a donc été le matériau privilégié par les chilotes qui ont développé un savoir faire bien à eux (on parle d’école chilote). Les maisons aussi sont en bois (la plupart en alerces peint), et ont la particularité d’être surélevées à cause de la grande humidité du sol. Certaines maisons sont même sur pilotis, je pense notamment aux palafitos de Castro.

Peuple de traditions, il y en a une qui fait encore beaucoup parler même si presque plus pratiquée : la tiradura de casa. Il s’agit du déménagement d’une maison par voie maritime ou terrestre. Le rassemblement de voisins et amis pour aider au déménagement est appelé minga. La maison est renforcée pour éviter de briser portes et fenêtres pendant la manœuvre, de nombreux bœufs sont réquisitionnés et la coordination entre tous est primordiale. N’hésitez pas à aller voir une vidéo sur internet, ça vaut le détour!

Enfin, je ne peux terminer cette publication sans évoquer l’activité importante de pêche, en particulier du saumon, et de son exportation. À savoir que le plat typique ici est le Curanto. Autrefois, on creusait un trou dans la terre, on y disposait des pierres chauffées par un feu de bois et l’on y déposait viande, fruits de mer et légumes, le tout recouvert de grandes feuilles.

Note: la route 5 qui traverse l’île principale du nord au sud n’est vraiment pas recommandée. Beaucoup de trafic (notamment de gros camions) qui n’ont que faire des cyclistes…c’est bien dommage !

La région des lacs côté argentin

La région des lacs côté argentin

Bonjour à tous depuis Puerto Montt, au Chili. Vous l’aurez compris j’en ai fini avec la région des lacs argentins. Je suis descendue jusqu’à El Bolsón puis ai traversé le parc national Alerces avant de passer par la campagne (Cholila et ses alentours) pour rejoindre la frontière à Futaleufu et suis remontée jusqu’à Chaiten pour faire un trajet de huit heures en ferry ! Voici donc un résumé de ce que j’ai pu noter sur mon chemin ces dernières semaines.

Tout d’abord la forêt chilienne est très verdoyante alors qu’en Argentine elle est beaucoup plus nuancée. Le climat plus sec apporte des teintes de rouge, orange et jaune aux arbustes et moi je ressens enfin l’arrivée de l’automne.

De l’automne ou de l’hiver d’ailleurs ? Car plus je descends et plus les températures baissent de manière assez drastique… Je me retrouve maintenant régulièrement devant des campings fermés et repousse les départs à 10h pour pédaler à -2°C au lieu de -3°C (mentalement y a une grande différence je vous assure). Bref vous l’aurez compris les gants de ski sont plus souvent sortis que rangés, la veste Gore Tex l’est selon les montées et descentes et le bonnet en laine est de rigueur. C’est qu’ici je ne frotte pas le pare brise au réveil mais la selle et le rétroviseur si… À quand les pneus neige et les chaines?! Celui qui m’envoie une photo de l’apéro Pastis et cie il m’entendra en rentrant! (Si je le dis c’est que certains le font déjà…)

Autrement, qui dit forêt dit construction en bois. Vous l’avez constaté c’est la grande particularité des villages que j’ai traversés depuis Pucón et c’est le même topo en Argentine. Le chemin de ripio entre le Chili et l’Argentine laissait d’ailleurs entrevoir quelques scieries ça et là. Chaque forêt a bien-sûr sa particularité. Près de Pucón j’avais fait une excursion où l’on trouvait de nombreux Araucania Araucana. Côté argentin, à la périphérie de San Carlos de Bariloche, sur l’île Victoria c’est des Arrayanes que vous trouverez. Ces arbres se distinguent par un tronc plutôt fin et froid et une couleur cannelle.

Et les plantes dans tout ça ? Vous aurez sans doute remarqué les flancs de montagnes ocre sur ces photos de Patagonie Argentine. Il s’agit en fait d’une plante qui pousse au delà de 1000m d’altitude.
Et pour rester dans le ton, on trouve aussi sur le bord des routes de nombreux arbustes de Rosa Mosqueta, une plante aux fruits rouge-orangé dont on peut faire des confitures, des liqueurs ou bien des soins thérapeutiques.

Pour ce qui est de la faune, il paraît que le huemul (le plus petit cervidé au monde) rode dans les parages mais je n’aurais vu que son nom sur les pancartes des parcs nationaux invitant les automobilistes à la plus grande précaution.

Enfin, comme je vous le mentionnais il y a peu, les régions que je traverse actuellement sont d’anciens territoires mapuches. Les lacs tirent donc pour la plupart leur nom de ces communautés et une petite anecdote est souvent rappelée à chaque mirador. Une façon de faire plutôt judicieuse pour se reposer en s’instruisant. L’autre jour j’ai par ailleurs atterri dans un jardin-camping attenant à un bistrot qui faisait davantage penser à un musée. En mémoire à la tribu Foyel, les murs étaient tapissés de photographies, témoignages et articles de presse, tandis que le comptoir croulait sous les livres et cd de musique traditionnelle. Ici le souvenir de la « Conquête du désert » (campagne militaire qui eu lieu de 1878 à 1885 pour éradiquer cette population) est toujours très présent.

Pour finir, une petite note à part sur Bariloche que l’on surnomme souvent la Suisse de l’Amérique du Sud. Ici, on pourrait se perdre des jours à randonner entre lacs et montagnes tant la vue est splendide, mais la spécificité réside aussi dans ses nombreuses brasseries artisanales et chocolateries dont l’odeur vous attire depuis la rue. Les dégustations sont de rigueur!

Tous au fourneau !

Bonjour à tous! Aujourd’hui c’est dimanche, il paraît qu’il fait beau chez nous (on m’envoie des photos de déjeuners en terrasse…) Ici il fait 4° ce matin mais je ne me plains pas car hier il faisait -2! Bref je me suis rappelée que je n’avais pas encore parlé des pâtisseries argentines alors je vais me rattraper !

Tout d’abord les media lunas (demies lunes) ou en fait une version plus petite (et malheureusement moins bonne à mon sens) de nos croissants au beurre. Elles sont généralement servies en formule avec une boisson chaude dans les bars mais peuvent aussi s’acheter à l’unité dans les boulangeries.

Les pepas elles, sont des biscuits fourrés à la confiture de coing (dulce de membrillo). Un délice et c’est la collation idéale pour combler la petite faim de 10h ou 4h.

Les facturas… Un délice bien calorique mais quand on aime on ne compte pas (n’est ce pas?!) Une pâte briochée avec crème pâtissière et confiture de différentes sortes. Ça vous remet sur pied pour pédaler croyez-moi!

Le dulce de leche, qui est une pâte à tartiner à base de lait et de sucre. On trouve bien sûr du Nutella en grandes surfaces mais en Argentine et au Chili on consomme beaucoup plus cette confiture de lait. D’ailleurs de nombreuses pâtisseries sont fourrées au dulce de leche.

Et enfin les alfajores… Vous n’avez pas visité l’Argentine si vous n’avez pas goûté ces petites merveilles!!! Deux biscuits ramollis et maintenus par une ganache au dulce de leche. Et selon les envies: saupoudrés de copeaux de noix de coco ou de sucre glace, avec glaçage chocolat blanc ou noir. Mon préféré ? Bonne question, je crois qu’il faudrait tous les regoûter !

Voilà une autre bonne raison d’aimer l’Argentine n’est-ce pas ?!