La fin du monde ou le début d’une vie?

Diana y « el amigo », de Francia hasta el fin del mundo 🚴🌎

Et voilà … Après neuf mois, je suis enfin arrivée au pied de cette fichue pancarte, celle qui me narguait depuis le début. Merci à tous ceux qui m’ont aidée à réaliser ce rêve, depuis les bancs de la fac il y a deux ans jusqu’au grand départ en octobre dernier. Merci à ceux qui ont aussi suivi toute l’aventure au quotidien. À toutes ces personnes que j’ai croisées, merci pour ces moments partagés.

J’ai vécu tellement de choses ici. D’ordinaire, ce genre d’expéditions se raconte autour d’un verre. Ça commence toujours pareil… « je connais quelqu’un qui connait quelqu’un qui » ou bien c’est le genre de péripéties que l’on aime retrouver dans un roman d’aventures… Oui sauf que l’aventure c’est moi qui l’ai vécue cette fois et elle était bien réelle même si c’est parfois toujours incroyable à réaliser.

L’Equateur m’a vu faire mes premiers pas. Bien chargée mais très déterminée, je n’étais pas peu fière de me lancer. Ce fut le pays de la découverte, des premières rencontres et l’excitation des débuts. Le Pérou m’a ensuite accueillie mais il m’a également mis au défi. J’ai vécu dix vies en une là-bas, j’ai mis mon corps et mon mental à rude épreuve parfois. J’ai aimé repousser mes limites, aller au delà de ce qu’hier encore je n’aurais pas surmonté. J’ai rencontré du monde, j’ai grandi, j’ai pris confiance en moi, je me suis surprise de bien des manières, j’ai douté parfois mais je n’ai jamais rien regretté. C’est sûrement pour cela que j’ai quitté sereinement le pays, je l’ai parcouru comme je le souhaitais. La « gringa » comme ils m’appelaient ici s’en est allée le cœur léger et pleine d’espoir pour la suite. Malheureusement le mauvais temps a fortement compliqué les choses en Bolivie et j’ai du faire des compromis… Mais cela fait finalement partie de l’aventure. La nature est imprévisible, les voyages ne peuvent être réalisés avec exactitude. Le nord Argentin m’a réconciliée avec le voyage, l’aventure pouvait reprendre. L’amabilité sans égale de la population y étant pour beaucoup et je ne parle même pas de cet argentin qui fut pour moi le changement que chaque voyageur attend. Le Chili a aussi été exceptionnel, notamment la Carretera Austral, San Pedro de Atacama et la région des lacs, mais aussi ces retrouvailles à Santiago avec mon amie Célia qui avait parcouru ces routes quelques années plus tôt.

Cela restera pour sûr une incroyable et unique expérience sportive certes mais aussi et surtout culturelle et humaine. Puisqu’après tout, à la fin on oublie les côtes interminables, les pluies torrentielles, le froid, le ripio, les soirées où fatigué on préfère se coucher plutôt que de se préparer à manger. On oublie tout ça et on ne retient que les mains tendues, les sourires timides, les amitiés tellement spéciales, les dialogues de sourds lorsqu’on me répondait parfois en Quechua ou autre dialecte, les différences culturelles et les paysages grandioses.

Si en Équateur on ne me posait guère la question, au Pérou elle était presque ordinaire, « combien coûte ton vélo »? Pour ne pas gêner la population j’avais pris l’habitude de ne pas répondre franchement, prétextant que je ne savais pas, que c’était un cadeau. Je ne mentais pas totalement puisqu’en réalité c’est bien là le plus beau cadeau que je me suis fait.

Et alors que je m’envole pour Buenos Aires je sais que Martin Luther King avait raison, « Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement ».

Amis français, on se revoit bientôt. J’espère que cette aventure vous a plu, que j’ai réussi le pari de vous faire voyager et surtout de vous faire apprécier une autre manière de voyager en même temps que je l’apprivoisais moi-même. Comme vous savez c’est la première fois que je me lançais dans une telle aventure mais je crois que j’aimerais beaucoup remettre ça, oui…

Enfin, pour terminer ce post j’aimerais vous poser une question. À votre tour jouez le jeu… Que feriez-vous si vous étiez sûr de réussir? Ça peut paraître idiot mais vraiment c’est une très bonne question qui fait réfléchir! Mark Twain disait « ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». Il faut savoir oser et sortir de sa zone de confort. On ne grandit pas autant en restant dans un environnement familier où l’on est sans cesse confronté aux mêmes situations. Si vous avez un rêve, battez-vous pour le réaliser, qu’importe ce qu’on vous dira. Si la vie n’est pas faite pour réaliser ses rêves, à quoi sert-elle? Et si vous ne réalisez pas vos rêves, sachez que personne ne le fera pour vous! Notre plus grande limite est nous-même et les fausses excuses que l’on se raconte par peur d’échouer. On ne peut jamais être sûr de réussir mais on peut au moins essayer.

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Trekkings en Patagonie

Bonjour tout le monde! Je n’ai pas donné beaucoup de nouvelles depuis Tortel et pour cause, ça a été assez compliqué. Sortez la carte ou allez sur Google map vous allez comprendre!

À Tortel le ferry ne partait pas avant une semaine mais je ne voulais pas rester une semaine au même endroit, j’ai donc remonté une bonne partie du Chili en bus (jusqu’à Chile Chico) pour ensuite pédaler jusqu’à Los Antiguos côté argentin. Là je me suis retrouvée sans un sous (sin un mango comme ils disent ici!) et le seul distributeur du village ne lisait pas la puce de ma carte. J’ai donc fini en stop jusqu’à Perito Moreno pour arriver avant la nuit. À noter que le nom du village n’a rien à voir avec le glacier qui se trouve à des centaines de kilomètres plus au sud, assez bizarre ces argentins. Brefff de là je me suis dis je vais pouvoir facilement descendre en stop par la route 40 pour reprendre le vélo ensuite. Mais non, très peu de monde emprunte cette route en hiver à cause du climat qui la rend impraticable. On m’a donc déposée jusqu’à Gobierno Gregores mais de là j’ai du faire un énorme détour … Gob. Gregores-Rio Gallegos-Calafate et enfinnnnn Chalten ! Celui qui osera me dire que je ne connais pas la Patagonie Argentine je lui fais manger la carte!!!

Bon une fois ces petites complications logistiques passées j’ai du faire face à un deuxième problème, ma cheville a refait des siennes. Vous vous souvenez peut-être de l’épisode Bariloche où je ne pouvais plus poser mon pied par terre après l’excursion au refuge Frey, et bien pour tout vous dire je marche maintenant depuis quelques temps avec le pied bandé au quotidien et en prenant des cachets… Pas l’idéal. Mais je voulais absolument faire des randos au Chalten, la capitale nationale du trek. J’ai donc pris sur moi pour faire un trek de 8km (« mirador des aigles et condors » qui donne une vue incroyable sur la village et le mont Fitz Roy), 18km (randonnée super sympa qui mène à la lagune Torres, gelée en cette saison, ses énormes blocs de glaces et son glacier) et 25km (vue imprenable sur le Fitz Roy, la lagune Capri et le glacier).
De Chalten je suis passée à Calafate pour voir le fameux Perito Moreno. Et là encore vous vous rendrez compte par vous-même dans la vidéo de l’état de la route par endroits…
Puis je suis arrivée à Puerto Natales pour visiter le Parc National Torres Del Paine.

Je suis maintenant à Punta Arenas en attente de partir pour « le bout du monde », la Tierra del Fuego. C’est clair que je n’avais pas imaginé la fin du voyage de cette manière, en bus, mais je pense que c’est plus raisonnable. Il est temps de rentrer soigner ma cheville. Je serai forcément un peu déçue d’arriver à Ushuaia en poussant « el amigo » mais bon on aura vécu de belles histoires ensemble depuis huit mois malgré tout. Et il n’y aura qu’à dire que ce ne sera pas le dernier voyage ensemble ! 😉

VIDEOS: copier/coller les liens dans votre barre URL

* LAGUNA TORRE (El Chalten): https://gopro.com/v/6ZX3o5a11NDp

* SENTIER FITZ ROY (El Chalten):
https://gopro.com/v/dpXXMn8BqvLe

* PERITO MORENO (Calafate):
https://gopro.com/v/5NLLR8n5qPPe

* TORRES DEL PAINE (P.Natales):
https://gopro.com/v/g4bberE6Egyr

La carretera austral

Bonjour à tous!!! Voici les nouvelles du front!

Je suis venue à bout de la carretera austral (route australe) et c’était vraiment MAGNIFIQUE!!!!

De Chacabuco j’ai d’abord rejoins Coyhaique puis Villa Cerro Castillo. A ma grande surprise la route était asphaltée… Un peu déçue donc cela manquait d’aventure. Je m’imaginais autre chose de la carretera austral. Il faut dire que j’arrivais en terrain inconnu, j’avais préféré ne voir aucune photo avant de me lancer pour garder l’effet de surprise jusqu’au bout. Et j’ai bien fait! Moi qui pensais chemins de terre bordés d’arbres sans beaucoup de vue je me suis trompée sur toute la ligne. Cette route est juste magnifique. Et ne vous en faites pas il y a bien du ripio à partir de Villa Cerro Castillo!!! Même si j’avoue je m’imaginais encore une fois m’embourber et que ce ne fut pas le cas mais cela doit être à cause du gel hivernal. 🚴

Les premières photos sont de Puerto Rio Tranquilo. Pour ceux qui veulent se marier de manière originale, il paraît qu’ils réalisent vraiment des mariages à la capilla de mármol en plein milieu du lac General Carrera, le deuxième lac le plus grand d’Amérique du Sud, le plus grand lac du Chili et le quatrième pour l’Argentine. Bon moi j’ai passé mon tour j’allais pas attendre sur mon rocher 🤣

J’ai ensuite continué mon chemin vers Puerto Bertrand et le lieu dit « Confluencia », un endroit magique où les fleuves Baker et Neff se rencontrent. Là-bas j’ai rencontré Cristian et Victoria qui préféraient passer leur lune de miel à parcourir la carretera austral en van plutôt que de partir sur une plage « comme tout le monde ». Ils me diront que la Carretera est encore peu parcourue par les locaux alors que sa réputation n’est plus à faire pour les étrangers. Les chiliens loupent quelque chose !!! 👰

J’ai continué vers Cochrane et la fin de la carretera approchait. J’en prenais plein les yeux, jusqu’au bout. Je savais aussi que à partir de là je n’avais d’autres choix que de ressortir la tente malgré le froid car il n’y avait plus aucun village avant Villa O’Higgins. Mais ce ne fut pas un grand problème. J’ai sorti mon téléphone et relevé les lieux dits « refuge » sur maps.me (l’application indispensable souvenez-vous !). En réalité ce n’était pas des refuges mais des abris bus en bois, à proximité de fleuves pour remplir les gourdes et cuisiner et qui m’auront permis d’être malgré tout protégée par trois côtés et d’avoir un toit au dessus de ma tête. Je relèverai néanmoins des températures négatives de -4°C, mais il paraît que ça conserve! ⛺

En principe la carretera austral s’achève à Villa O’Higgins. L’accès se faisant par Puerto Yungay. Mon plan initial était donc de suivre cette route puis de prendre un bus pour revenir en arrière et visiter le village typique de Tortel.
Sauf qu’arrivée à une trentaine de kilomètres de Puerto Yungay j’ai réalisé qu’on était jeudi et comme quelques jours plus tôt on m’avait dit que le ferry pour Puerto Natales partait de Tortel les samedi j’ai décidé de ne pas aller à Villa O’higgins finalement. Autrement j’aurai dû attendre le bus de la semaine prochaine (il ne part que tous les mercredi) pour m’amener à Tortel ou refaire moi-même le chemin en sens inverse … Plutôt débile. Je suis donc partie en direction de Tortel directement. Et c’était plutôt cool, j’évitais plus de 400m de dénivelé bien pentus… 🏔️

Mais le terrain était trop monotone pour moi. Du ripio en ligne droite et sans dénivelé c’est pas drôle n’est ce pas ? Il manquait un peu d’adrénaline. Vous en faites pas j’ai eu ma dose peu de temps après… J’ai remarqué que ma poche était ouverte et mon téléphone ne s’y trouvait plus « et m…… »!!! Je fais demi tour sur 2km en regardant sur le bas côté et puis soudainement je me rappelle que je l’ai mis dans la pochette de mon panneau solaire pour le recharger en route (vraiment irrécupérable !) Je refais donc demi tour vers Tortel. Quand on aime (le ripio) on ne compte pas n’est ce pas ?! Heureusement que j’ai vite retrouvé mes esprits quand même sinon je repartais pour un tour! 🚧

J’arrive donc enfin à Caleta Tortel, si vous ne connaissiez pas vous comprendrez l’enfer que j’ai vécu en regardant mes photos. Pour faire simple: le village n’est accessible que par des passerelles en bois (en escaliers) et en ce moment elles sont plutôt très bien givrées ! Autant vous dire que c’était pas coton avec mon vélo et mes bagages…je le savais mais bien sûr je n’avais pas le choix. Heureusement les gens sont aimables et m’aident à faire les allers retours jusqu’au ponton d’où je prendrai le bateau pour me rendre de l’autre côté du village dans un des seuls établissements qui semble encore ouvert en cette saison. Ouf me voilà logée! 🏨

Tortel, un magnifique village que j’aurais eu le plaisir de découvrir avec Alejandra et Cristian, deux chiliens en vacances logés avec moi. Nous partons en direction des miradors, une randonnée qui s’avérera plus complexe qu’elle n’en a l’air car le terrain est innondé et les passerelles très glissantes. Mais la vue est à couper le souffle. Nous rentrons de balade et j’apprends que le ferry ne viendra finalement pas ce samedi mais le 8 juin! 🚢

Pour éviter de rester une semaine au même endroit je décide de prendre le bus avec les chiliens le lendemain pour remonter à Cochrane (j’ai aimé la carretera austral mais de là à la refaire en vélo en sens inverse…) puis Chile Chico. De là je repasserai en Argentine et descendrai. Prochaines étapes : El Chalten et Calafate. Bref c’est ça les voyages, s’adapter. Je pense que vous avez compris maintenant à quel point c’est difficile de donner une date de retour avec précision alors qu’on est dépendant des ferry et des chemins de montagnes qui ferment. En tout cas, je me suis régalée à parcourir la carretera austral. Quand je pense que cette route est pleine de cyclistes et de randonneurs en été, moi je n’y ai croisé que trois personnes: un baroudeur uruguayen et deux chiliens en van! Assez jouissif d’avoir cette route mythique pour soi 😉