La route du vin

J’ai laissé Salta derrière moi pour emprunter la route du vin en passant par Cabra Corral, Alemanía, Cafayate et Santa María. Des étapes soit relaxantes, perdues au milieu de nulle part, touristiques ou très arides sur la RN68 puis la mythique route 40.

Tout d’abord Cabra Corral, une étape idyllique au bord d’un étang entouré de montagnes. Des animaux en liberté et des bateaux de pêche offrant des sorties nocturnes. Déconnexion totale..

Puis Alemanía, un bled paumé de dix maisons tout au plus au bord d’une rivière mais une vue sur les montagnes à couper le souffle en traversant le pont. Vous avez dit méditation ?

Pour arriver à Cafayate j’ai ensuite du traverser sur plus de 83km la Quebrada de las Conchas, une réserve naturelle très aride des vallées Calchaquíes dont les formations datent de plus de 145 millions d’années. 83km en pure autonomie, pas une tienda sur le chemin vendant de l’eau ou de la nourriture. Ici la nature est maître. Cette fois elle était plutôt de mon côté, le vent dans le dos m’aidant dans les nombreuses montagnes russes quelque peu usantes au moral. J’ai partagé les derniers kilomètres avec un Allemand qui n’en revenait pas de voir une femme pédalant seule dans des conditions si difficiles, j’étais apparemment la première qu’il voyait en Amérique du Sud cela m’aura valu une invitation au restaurant en arrivant à Cafayate!

Le lendemain j’ai visité le musée du vin et n’ai pas pu m’empêcher de procéder a quelques dégustations. Ici le vin est produit en altitude et bénéficie d’un climat sec et ensoleillé toute l’année ainsi que d’une variation importante de température entre le jour et la nuit. C’est là tout le secret des vins de Cafayate et ce qui en fait son unicité ! Je vous joins quelques docs pour illustrer tout ça !

Puis j’ai quitté cette petite ville très agréable pour rejoindre Santa Maria. Quel ne fut pas mon étonnement de voir des cactus poussant à côté des vignes, le paysage est bien différent du nôtre ! D’ailleurs ici on trouve des vignes basses mais aussi des vignes hautes et les vendangeurs n’ont pas à se baisser. Ils cueillent au dessus de leur tête et remplissent leur « gamelas » de 20kg chaque matin entre les mois de janvier et avril. Il paraîtrait qu’ici le rythme est plus rapide que chez nous ou pour reprendre les mots d’une employée « en France, on a le temps de bavarder »!!!
Sur la route j’ai cette fois rencontré un groupe d’Espagnols qui eux venaient de Patagonie et s’en vont en Alaska, il y a donc bien plus casse cou que moi !

Malheureusement, arrivée à Santa Maria ma cheville a refait des siennes. C’est donc en bus que j’ai rejoint Cordoba pour quelques jours de repos, de visites et de retrouvailles avec des amis argentins rencontrés en Bolivie quelques mois plus tôt. Je serai en fin de semaine à Mendoza puis traverserai le Chili direction Valparaiso d’où je reprendrai le vélo pour Santiago en espérant que ce repos aura été bénéfique. Pour info, les températures sont déjà négatives à l’intérieur des tentes en Patagonie à l’heure actuelle (info reçue de mes amis cyclistes il y a deux jours) je vais moins rigoler dans quelques semaines quand je quitterai la chaleur du nord!

La bise à tous et à bientôt!!!

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Viva Argentina

Quand je débarque à Purmamarca j’atterri au camping le plus hippie du village. Tatouage, rasta, macramé et guitare, les gens sont ici depuis un mois et ne décollent pas. Et en même temps ça peut se comprendre, le cadre est exceptionnel et l’ambiance tranquille invite à se poser! Malgré tout avec Aline on ne reste que deux nuits, le temps de faire quelques balades pour admirer la montagne aux sept couleurs et on prend la direction de Tilcara.

Là bas nous sommes accueillies par l’amie d’une amie, Luz. Cela fait vingt ans qu’elle tient sa petite posada avec vues sur les montagnes. Elle travaille également pour la conservation du patrimoine et notamment de la quebrada d’Humahuaca, inscrite à l’Unesco. D’ailleurs on profite de notre passage dans la région pour visiter l’Hornocal (la montagne aux quatorze couleurs d’Humahuaca). Puis angine, rhume, fièvre, je me fais la totale et préfère donc attendre avant de reprendre la route. Mercredi j’ai finalement repris le vélo après une longue pause pour 85km durant lesquels les montagnes sont passées du rouge au vert, le climat de sec à humide mais un compagnon m’aura été fidèle jusqu’à l’arrivée, j’ai nommé… Le vent de face! Je suis donc arrivée à San Salvador de Jujuy en ce 28 février avec les jambes lourdes alors que l’itinéraire annonçait de la descente, comme quoi on change une variable et toute l’équation est modifiée ! J’ai posé ma tente sous un toit dans les jardins d’une Posada et j’en ai profité pour faire un tour dans les environs… Le moins que l’on puisse dire c’est que le changement est radical, le niveau de vie est incomparable avec le nord. Ici on loue de magnifique cabañas en bois tout confort (chalets) à 750 pesos argentins / jour (cela reste très correct mais impossible dans mon budget actuel de voyage… Dommage!) et du côté de Yala les villas avec piscines se succèdent! Si vous voulez investir c’est le moment !

De mon côté j’ai vraiment apprécié ce petit séjour à Jujuy. Préparation d’empanadas, asado (barbecue) et musique, j’ai vécu le weekend typique argentin (oui oui ils font ça tous les weekend !!) avec des personnes tellement sympathiques et accueillantes que l’on m’a invitée pour la nuit et le petit déjeuner (tortillas frites et miel accompagné d’une tasse d’Api).

J’ai ensuite été consulter un médecin, cela faisait des mois que ma cheville droite était très enflée (le double de la gauche). Après 5h de consultation et des décharges électriques dans le pied, la cheville et la jambe, le liquide s’est dissipé mais l’os a déjà commencé à se calcifier et la cheville reste donc beaucoup plus grosse … À surveiller ! Depuis je réduis mes distances par deux, je ne fais plus que 40km par jour. Je suis arrivée à Salta en début de semaine et prendrai bientôt la route direction Tucuman, Cordoba et Mendoza… Bientôt les dégustations de vins argentins !

PS: pour ceux qui le veulent allez voir Rodrigo Siamarella sur Youtube, c’est le musicien que l’on a rencontré dans les montagnes de Purmamarca. Un régal!

Bienvenue au Chili 🌵☀️

Bienvenue au Far West!

San Pedro ressemble à un village de l’ouest américain tout droit sorti d’un western. L’architecture particulière des boutiques et maisons ocre et blanches, la chaleur et la poussière venant des chemins de terre, les chevaux qui rentrent au ranch après une journée d’excursion pourraient nous faire oublier un temps que l’on est au Chili… Mais les routards nous le rappellent bien, ici on sort la guitare mais ce n’est pas pour jouer de la country.

San Pedro c’est aussi une ville très chère et touristique. Les rues sont pleines d’agences de voyages, de restaurants, d’hôtels ou campings et de boutiques.
Il faut aussi noter qu’à peine arrivé au Chili on remarque de grosses différences, le pays est nettement plus développé que les trois premiers visités : l’eau du robinet est potable, les routes sont pavées à l’européenne ou en terre mais sans nids de poule, toutes les maisons ont un toit et l’architecture (à Calama du moins) pourrait faire penser à nos centre-villes. Quel changement après quatre mois !

Nouveau pays, nouveau départ et nouvelles rencontres! Alors que je prenais le bus pour la frontière chilienne en ce 14 février je rencontre Jeremy, Maëva et Thomas, trois baroudeurs français en sac à dos.
Ensemble, on décide de découvrir la région sous une chaleur éprouvante et un ciel bleu que je n’espérais plus. Le temps si différent, l’amabilité incomparable des chiliens, la beauté des paysages et cette nouvelle compagnie me font oublier tous les soucis de ces dernières semaines. Durant quatre jours on s’offre San Pedro, el Valle de la Luna, el Valle de la Muerte, les lagunes Cejar et Tebinquinche, des traversées de canyons à vélo, des couchers de soleil incroyables sur le désert, des nuits en camping sauvage à observer les étoiles et le magnifique volcan Licancabur qui n’est jamais bien loin.

La route entre San Pedro et Purmamarca en Argentine étant désertique sur plus de 400 km je l’ai faite en stop, deux chiliens et un brésilien m’ont déposée dans un camping au pied des montagnes aux sept couleurs … Je ne pouvais rêver mieux! Je suis maintenant à Tilcara où je vais visiter les environs et notamment Humahuaca la montagne aux quatorze couleurs. Photos de ces deux sites dans le prochain post!

Salar d’Uyuni et sud Lipez

Quand ça veut pas ça veut pas! 

Arrivée à Uyuni dépitée donc, j’apprends que mes amis Fabien et Wendy sont aussi dans la ville et s’apprêtent à faire un tour de trois jours dans le salar et le Lipez. Ils m’appellent pour me dire qu’il reste une place pour venir avec eux… Mais au final l’agence me fera faux bon et ne viendra jamais me chercher ! Je me rends donc dans une autre agence et réserve pour le lendemain mais ce sera sans mes amis qui eux sont déjà partis… 
Ensuite commencent les problèmes mécaniques, en même temps à votre avis qu’arrive t-il à une voiture de 28 ans que l’on entretien pas et que l’on emmene toutes les semaines sur les pistes boueuses et accidentées du Lipez ? Je vous le donne dans le mille: trois des vis retenant le pneu arrière droit se cassent net. Quatre véhicules s’arrêtent pour nous aider, on retarde donc autant de groupes et ce pendant une heure en plein désert. Le guide nous affirme que la réparation tiendra jusqu’au lendemain, on espère qu’il dit vrai. Et là, c’est l’essuie glace qui lâche alors qu’une averse s’abat sur nous. On n’y voit plus grand chose c’est pas très rassurant. 

Finalement l’excursion continue: San Cristóbal (dont les mines sont au passage plus importantes que le Cerró Rico de Potosí), valle de las rocas, lagunes Hedionda, Honda, Ramadita, Colorada (malheureusement pas d’un si beau rose que ça, il paraît qu’elle est plus belle en hiver!) et l’arbre de pierre.

Mention spéciale pour le lever de soleil aux pieds des geysers à 5000m entre les montagnes enneigées, une pure beauté! 

Et enfin, une détente bien méritée aux bains thermaux d’à côté (sol de mañana) avant de commencer notre retour sur Uyuni en passant par Villa Mar où parait-il les dealers de cocaïne prolifèrent (!) et Valle de las piedras et sa laguna negra, l’ultime enchantement d’un lac bordé de formations rocheuses toutes plus spectaculaires les unes que les autres. 

Tout le long du circuit on a pu observer des lamas, vigognes, flamants roses et une viscocha (entre le lièvre et l’écureuil).
Des paysages à couper le souffle entre immensités sableuses, rocheuses et montagneuses. Un site de près de 22 355 km2 (environ 11 000 km2 en comparaison pour le salar) dont on comprend toute l’hostilité en le traversant ainsi … D’autant que toutes les lagunes ne sont pas potables! Très peu de villages, parfois abandonnés d’ailleurs. Bref, à faire absolument tout comme le salar. L’unique regret: après quatre mois à visiter sur mon vélo j’avais terriblement la sensation d’être au « Paris Dakar des touristes » du fait que tous les 4×4 s’arrêtent au même endroit au même moment et qu’ainsi tous les touristes patientent pour prendre chacun la même photo du même site. Tout ça me paraissait soudainement bien triste… 
PS: l’eau du salar n’a pas diminué, simplement les voitures s’enfoncent au cœur du salar, là où le niveau est plus bas. Mais aucune zone n’était sèche…

Bien arrivée au Chili depuis mercredi! De nouveaux horizons mais toujours une même envie d’aventure, je vous promets encore bien de belles choses ! À très vite!!

En route vers le salar

Oruro-Challapata-Salinas-Tahua-Uyuni

En appelant Anthony, le dernier des Bike Warriors qui comme moi n’avait pas encore traversé le salar j’avais finalement décidé de changer mes plans et de partir vers le sud-est pour le retrouver à Challapata plutôt que de prendre la direction du sud directement. Oui mais voilà Mr a eu des problèmes mécaniques qui l’ont forcé à s’arrêter plusieurs jours à La Paz et Oruro. De mon côté j’ai donc décidé de poursuivre vers Quillacas et Salinas en pensant le recontacter là bas mais me suis finalement retrouvée dans des villages sans réseau ..et sans eau avec même parfois aucun hostal ouvert (carnaval oblige). Qu’importe, l’hospitalité bolivienne m’a sauvée et j’ai poursuivi mon chemin vers le salar. 

Bon là, ça a commencé à se corser. En quittant Salinas j’ai aussi quitté l’asphalte et si cela m’a réjouis sur les premiers kilomètres c’était un peu moins drôle au fur et à mesure que les heures passaient… Pour tout vous dire, j’ai (encore?) manqué la bifurcation et me suis donc retrouvée sur le pire des deux chemins menant au salar. Tenez vous bien c’est donc près de 6h30 qu’il m’a fallu pour ne faire que … 33km! Tôle ondulée, sable, pierres, ornières et trous d’eau j’ai eu la totale et quand enfin j’ai aperçu le petit village et l’étendue bleutée juste derrière s’étendant sur des kilomètres j’ai cru que mes peines étaient enfin terminées. Oui mais non… En arrivant au village les habitants curieux ont commencé à me questionner et ont très vite essayé de me dissuader « le salar est inondé, c’est trop dangereux. Tu sais, le salar a aussi de bien tristes histoires, des gens s’y perdent et n’en reviennent pas, tu vas te fatiguer dans l’eau et tu ne pourras peut être plus faire demi-tour ». Mais têtue je voulais le voir de mes propres yeux. Alors le lendemain matin très tôt j’ai pris mon vélo. J’ai parcouru les deux kilomètres qui me séparaient du village et me suis arrêtée devant la digue. Là, j’ai pris une grande inspiration en regardant de chaque côté, ce n’était pas un désert de sel mais bien une mer de sel qu’il allait me falloir traverser. 38km pour rejoindre cette île Incahuasi qui me nargait au loin. Arrivée au bout de la digue, premier coup de pédale et la roue avant s’embourbe. Le vélo perd l’équilibre et manque de tomber. Je mets pied à terre pour me rattraper et c’est l’effroi: j’ai de l’eau jusqu’à mi-mollet! Je parviens avec difficulté à remettre le vélo sur la digue et cherche un endroit qui serait plus facile pour pédaler mais second échec. Je dois me rendre à l’évidence cela semble impossible. J’ai donc attendu deux jours dans ce petit village pour qu’un bus m’amène à Uyuni, deux jours à ruminer ce premier échec cuisant car l’eau est montée en deux semaines, j’ai manqué mon opportunité de peu et m’en suis voulu. D’autant plus que le Lipez ne m’était pas recommandé non plus pour les mêmes raisons. C’est donc la moitié du pays que j’allais devoir parcourir en 4×4 … 

Arrivée à Uyuni j’ai donc pris un tour de trois jours dans une agence de voyage pour malgré tout parcourir ces étendues désertiques. Photos dans la prochaine publication ! Pour information, je prends le bus mercredi matin pour la frontière chilienne direction Calama en espérant laisser tous ces mauvais moments derrière moi et redémarrer comme je l’avais fait jusqu’ici avec passion, détermination et le sourire!

Oruro-Potosi-Sucre

Déguster un pastel de queso et un buñuelo à Oruro, le tout accompagné d’un petit verre d’api, avant de monter à la Vierge et de regarder défiler les fanfares et danseurs en pleine répétition pour le carnaval (du 10 au 12 février); 

Revoir deux des six membres des Bike Warriors le temps d’une visite à l’une des 5000 mines du Cerro Rico de Potosi après un mois sans en voir aucun; 

Me balader dans la belle ville blanche de Sucre, patrimoine de l’UNESCO et capitale de Bolivie… 

Voilà un petit aperçu de mon passage dans le nord de la Bolivie. J’ai ensuite pris la direction du Sud : Oruro-Challapata-Quillacas-Salinas-Tahua-Uyuni et le voyage s’est bien compliqué : je vous raconte tout dans le prochain article !

La Paz

La Paz est une ville qui me semble bien cahotique après la tranquillité des petits villages traversés depuis quelques jours… Les voitures grouillent le long de l’avenue principale et dans les petites rues étroites et pentues de l’ancienne capitale. Je ne parle même pas des colectivo dont il devient difficile de lire la direction sur leur pare brise tellement ils passent rapidement. Les piétons se font bousculer, bref l’atmosphère est assez étourdissante et j’ai parfois l’impression de passer plus de temps dans les transports qu’a faire une excursion en soi. 

Cependant, à dix kilomètres du centre on trouve un endroit plutôt surprenant : un complexe appelé el valle de la luna et dont le circuit permet une heure de dépaysement en dehors du temps. 

La Muela del Diablo est un autre site touristique excentré … C’est le moins que l’on puisse dire! Il faut être sacrément motivé pour y aller, c’est tout sauf simple. Les boliviens ne mettent pas du tout en valeur ce site, aucune indication pour s’y rendre et se diriger une fois sur place. Pourtant, l’excursion sur les hauteurs offre un panorama incomparable sur la ville. À ce propos saviez-vous que La Paz faisait partie des sept nouvelles villes merveilles ? 

Enfin, il m’était impossible de quitter la ville sans m’essayer au mountain bike sur la fameuse « Death Road ». Cette route de la mort, asphaltée sur la première portion, débute à près de 5000m et laisse rapidement place à du ripio comme on dit ici. C’est parti pour 3h de descente et 4000m de dénivelé. Adrénaline et sensations nouvelles au rendez-vous pour une expérience incomparable entre neige, pluie, et forêt tropicale ! Un must pour les amoureux de la nature et du cyclisme.

Ah et j’oubliais le marché des sorcières dans le centre! Là-bas on vend des fœtus de llamas, il paraît que ça porterait chance … Si vous êtes plus traditionnels on peut aussi se procurer des potions en tout genre ou des offrandes à faire brûler pour remercier la Pachamama…

La Paz

Bonjour tout le monde! 

Après m’être trompée de chemin, m’être perdue vers le sud au lieu d’aller vers le nord et du coup passer la frontière à Desaguadero en zappant Copacabana et le ferry, je suis restée deux jours au lit malade dans ce petit village de frontière partagé entre le Pérou et la Bolivie mais je suis bien arrivée … Enfin… à La Paz hier après-midi. Non sans rencontrer un couple de cyclistes brésiliens qui m’ont directement reconnue (allez savoir comment !) « Tu es l’amie de Jeremy de Seattle ?? On l’a croisé sur La Paz à la Casa de Ciclistas! » Et moi « c’est là où je vais!! » On discute, on échange nos numéros car faisant le chemin en sens inverse on va pouvoir s’entraider et je les quitte direction le téléphérique ! A première vue la capitale administrative n’a pas de charme particulier mais on ne peut nier sa vue surprenante !

Arequipa

Ça y est il était temps de quitter Arequipa après une semaine ! Le temps de découvrir la ville, faire un trek de deux jours au canyon de Colca et de défier le volcan Chachani. Maintenant que je suis bien arrivée à Juli après une bonne reprise (84km) je vous raconte tout!

Pour commencer, Arequipa est une ville superbe. Ici l’architecture est davantage coloniale qu’Inca. Les nombreux bâtiments coloniaux en pierre volcanique blanche (le sillar) à moins que ce ne soit la couleur de peau des colonisateurs lui valurent son surnom de ville blanche. Il fait bon se promener dans les rues aux façades teintées de bleu, jaune ou mauve, découvrir au hasard de son chemin les nombreux patios, manger au deuxième étage d’un restaurant donnant sur l’agréable place centrale et admirer ses arcades et son imposante cathédrale, déambuler dans l’immense couvent Santa Catalina tout de bleu et ocre et le non moins joli Cloître de la Compagnie. Il fait bon vivre à Arequipa et l’on est pas sans cesse alpagué comme à Cusco.

Après ces deux jours de visite, j’ai enfilé mes baskets pour un trek de deux jours agréable et plutôt tranquille à travers le Canyon de Colca. Contrairement au Grand Canyon américain, il n’a pas une forme de U mais de V ce qui peut le rendre moins impressionnant mais d’après les études faites il est en réalité plus profond. L’autre particularité est qu’on y trouve différents villages et certains ne sont accessibles qu’a dos de mules! Depuis Cabanaconde nous sommes descendus par le versant aride jusqu’au village de San Juan situé sur l’autre versant, plus vert, pour ensuite rejoindre le village de Sangalle aussi appelé l’Oasis. Là bas, différents lodges accueillent les touristes mais on peut dire que je nai pas eu le même luxe que certains de mes amis qui avaient fait ce trek avant moi : murs en béton, pas de lumière dans les chambres, des sanitaires plus que basiques et un scorpion au dessus de mon lit… bon je ne suis plus à ça près vous me direz, après tout c’est ça l’aventure ! Après une courte nuit là bas, nous étions prêts, lampe frontale en place à 4h30 pour nos trois heures d’ascension. Une récompense exquise nous attendait à l’arrivée : une heure de détente aux bains thermaux de Chivay !

Je suis rentrée à l’hostal et pensais reprendre ma route mais c’était sans compter mon voisin de dortoir  qui lui revenait du Chachani et m’en mettait l’eau à la bouche. Ahhh l’ascension du Chachani … Le plus gros défi jamais relevé jusqu’alors ! Il faut savoir qu’Arequipa est entouré de trois volcans dont deux proposés en trek : le Misti et le Chachani. Le Misti est moins haut mais plus difficile à gravir et plus important culturellement pour les péruviens, par conséquent beaucoup de touristes s’y rendent. Mais pour une première fois je préférais tenter le Chachani … et passer les 6000m c’est tentant non?! Pourtant mon ami m’avait prévenue : seule la moitié de son groupe était parvenue au sommet. Et bien ça n’a pas toujours été facile… J’ai dû puiser dans mes ressources : l’altitude me faisait dormir debout, et me donnait des nausées en plus d’un mal de crâne entêtant. Les guides me faisaient respirer des huiles essentielles et de l’alcool à 90° pour me réveiller mais rien ne semblait fonctionner. À de telles altitudes je n’arrivais même plus à contrôler mes pensées, je pensais en boucle à comment je me sentais ce qui ne faisait qu’empirer les choses. Heureusement j’avais de la musique sur moi et cela m’a définitivement bien aider! Mais proche du sommet j’avais l’impression que j’allais m’evanouir car mon corps refusait toute nourriture et boisson depuis la veille … Cela a pas mal compliqué l’ascension mais au final les efforts paient toujours ! Un challenge de plus de relevé et les larmes aux yeux à l’arrivée.

Cusco-Puno-Arequipa

Je suis bien arrivée à Puno le 9. Il s’en est passé des choses en six jours !

D’abord je retrouve encore Jeremy sur la route (on arrive pas à se quitter décidément on en rigole mais on en est au 4e au revoir!), ensuite mon accident alors que je reprenais la route seule (un camion me frôlant à pleine vitesse m’a fait dévier ma trajectoire sur une voie ferrée, le pneu s’est pris dans les rails et j’ai fait  un vol plané mais je suis une dure à cuire, j’ai entièrement récupérée; un premier record d’endurance (78km), puis je rencontre Vittorio un cycliste italien et on décide de faire route ensemble pour la dernière étape -> nouveau record de 110km cette fois (rappelons qu’il y a encore quatre mois je ne roulais que deux fois l’année 20km le long du canal…). 
Bref tout ça en traversant des paysages sublimes (notons qu’avec Vittorio on a aussi eu « l’immense joie » de découvrir la ville la plus moche du Pérou j’ai nommé Juliaca, bordel monstre qui nous a fait perdre un temps fou. On est arrivés à Puno dans le noir avec lampe frontale … et poncho bien sûr parce que grêle et pluie obligent ! On y croyait plus !!

La balade sur le lac Titicaca le lendemain m’a par contre bien déçue… le plus haut lac navigable du monde est constitué de 90 îles flottantes dont celles d’Uros qui ne sont en fait rien d’autre qu’une pure attraction touristique, on se sent plus embarrassé qu’autre chose en y mettant les pieds je ne m’etendrai donc pas plus longtemps sur le sujet. Chants dans toutes les langues, essayages d’habits traditionnels pour photos, jusqu’au nom du bateau traditionnel … « La BMW » ou « Mercedes » décidément non ce n’est pas pour moi! Il paraît que cela est différent du côté Bolivien (Isla del Sol ou Isla de la Luna) mais je pense passer mon chemin.

Suite du programme : visite d’Arequipa que j’ai rejoins en bus le lendemain (la route est magnifique, mieux vaut prendre un bus de jour), du  canyon de Colca et ascension du Chachani avant de retourner à Puno le 16 pour reprendre le vélo direction la frontière bolivienne ✌️