Arequipa

Ça y est il était temps de quitter Arequipa après une semaine ! Le temps de découvrir la ville, faire un trek de deux jours au canyon de Colca et de défier le volcan Chachani. Maintenant que je suis bien arrivée à Juli après une bonne reprise (84km) je vous raconte tout!

Pour commencer, Arequipa est une ville superbe. Ici l’architecture est davantage coloniale qu’Inca. Les nombreux bâtiments coloniaux en pierre volcanique blanche (le sillar) à moins que ce ne soit la couleur de peau des colonisateurs lui valurent son surnom de ville blanche. Il fait bon se promener dans les rues aux façades teintées de bleu, jaune ou mauve, découvrir au hasard de son chemin les nombreux patios, manger au deuxième étage d’un restaurant donnant sur l’agréable place centrale et admirer ses arcades et son imposante cathédrale, déambuler dans l’immense couvent Santa Catalina tout de bleu et ocre et le non moins joli Cloître de la Compagnie. Il fait bon vivre à Arequipa et l’on est pas sans cesse alpagué comme à Cusco.

Après ces deux jours de visite, j’ai enfilé mes baskets pour un trek de deux jours agréable et plutôt tranquille à travers le Canyon de Colca. Contrairement au Grand Canyon américain, il n’a pas une forme de U mais de V ce qui peut le rendre moins impressionnant mais d’après les études faites il est en réalité plus profond. L’autre particularité est qu’on y trouve différents villages et certains ne sont accessibles qu’a dos de mules! Depuis Cabanaconde nous sommes descendus par le versant aride jusqu’au village de San Juan situé sur l’autre versant, plus vert, pour ensuite rejoindre le village de Sangalle aussi appelé l’Oasis. Là bas, différents lodges accueillent les touristes mais on peut dire que je nai pas eu le même luxe que certains de mes amis qui avaient fait ce trek avant moi : murs en béton, pas de lumière dans les chambres, des sanitaires plus que basiques et un scorpion au dessus de mon lit… bon je ne suis plus à ça près vous me direz, après tout c’est ça l’aventure ! Après une courte nuit là bas, nous étions prêts, lampe frontale en place à 4h30 pour nos trois heures d’ascension. Une récompense exquise nous attendait à l’arrivée : une heure de détente aux bains thermaux de Chivay !

Je suis rentrée à l’hostal et pensais reprendre ma route mais c’était sans compter mon voisin de dortoir  qui lui revenait du Chachani et m’en mettait l’eau à la bouche. Ahhh l’ascension du Chachani … Le plus gros défi jamais relevé jusqu’alors ! Il faut savoir qu’Arequipa est entouré de trois volcans dont deux proposés en trek : le Misti et le Chachani. Le Misti est moins haut mais plus difficile à gravir et plus important culturellement pour les péruviens, par conséquent beaucoup de touristes s’y rendent. Mais pour une première fois je préférais tenter le Chachani … et passer les 6000m c’est tentant non?! Pourtant mon ami m’avait prévenue : seule la moitié de son groupe était parvenue au sommet. Et bien ça n’a pas toujours été facile… J’ai dû puiser dans mes ressources : l’altitude me faisait dormir debout, et me donnait des nausées en plus d’un mal de crâne entêtant. Les guides me faisaient respirer des huiles essentielles et de l’alcool à 90° pour me réveiller mais rien ne semblait fonctionner. À de telles altitudes je n’arrivais même plus à contrôler mes pensées, je pensais en boucle à comment je me sentais ce qui ne faisait qu’empirer les choses. Heureusement j’avais de la musique sur moi et cela m’a définitivement bien aider! Mais proche du sommet j’avais l’impression que j’allais m’evanouir car mon corps refusait toute nourriture et boisson depuis la veille … Cela a pas mal compliqué l’ascension mais au final les efforts paient toujours ! Un challenge de plus de relevé et les larmes aux yeux à l’arrivée.

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Cusco-Puno-Arequipa

Je suis bien arrivée à Puno le 9. Il s’en est passé des choses en six jours !

D’abord je retrouve encore Jeremy sur la route (on arrive pas à se quitter décidément on en rigole mais on en est au 4e au revoir!), ensuite mon accident alors que je reprenais la route seule (un camion me frôlant à pleine vitesse m’a fait dévier ma trajectoire sur une voie ferrée, le pneu s’est pris dans les rails et j’ai fait  un vol plané mais je suis une dure à cuire, j’ai entièrement récupérée; un premier record d’endurance (78km), puis je rencontre Vittorio un cycliste italien et on décide de faire route ensemble pour la dernière étape -> nouveau record de 110km cette fois (rappelons qu’il y a encore quatre mois je ne roulais que deux fois l’année 20km le long du canal…). 
Bref tout ça en traversant des paysages sublimes (notons qu’avec Vittorio on a aussi eu « l’immense joie » de découvrir la ville la plus moche du Pérou j’ai nommé Juliaca, bordel monstre qui nous a fait perdre un temps fou. On est arrivés à Puno dans le noir avec lampe frontale … et poncho bien sûr parce que grêle et pluie obligent ! On y croyait plus !!

La balade sur le lac Titicaca le lendemain m’a par contre bien déçue… le plus haut lac navigable du monde est constitué de 90 îles flottantes dont celles d’Uros qui ne sont en fait rien d’autre qu’une pure attraction touristique, on se sent plus embarrassé qu’autre chose en y mettant les pieds je ne m’etendrai donc pas plus longtemps sur le sujet. Chants dans toutes les langues, essayages d’habits traditionnels pour photos, jusqu’au nom du bateau traditionnel … « La BMW » ou « Mercedes » décidément non ce n’est pas pour moi! Il paraît que cela est différent du côté Bolivien (Isla del Sol ou Isla de la Luna) mais je pense passer mon chemin.

Suite du programme : visite d’Arequipa que j’ai rejoins en bus le lendemain (la route est magnifique, mieux vaut prendre un bus de jour), du  canyon de Colca et ascension du Chachani avant de retourner à Puno le 16 pour reprendre le vélo direction la frontière bolivienne ✌️

Au revoir Cusco

En ce 2 Janvier il était temps de quitter Cusco après y avoir passé quinze jours. Alors j’ai erré une dernière fois dans cette ville aux rues étroites et pavées, aux murs tantôt Incas ou Espagnols; j’ai gravi une dernière fois les nombreuses marches menant au quartier de San Blas et photographié ses portes d’un bleu si particulier; j’ai erré de boutiques en boutiques, admirant tantôt artisanat ou peinture; j’ai finalement traversé la Place des Armes, si bondée la veille et si calme ce jour; j’ai pris un café au deuxième étage d’un petit restaurant avec vue sur la cathédrale et l’église qui fait l’angle puis j’ai dégusté une délicieuse soupe de quinoa aux champignons avant de filer prendre un jus au marché de San Pedro. C’est ça aussi voyager… Prendre son temps, se poser et savoir apprécier.

Bonne année !

BONNE ANNÉE À TOUS !!! 

QUE 2018 VOUS APPORTE JOIE, BONHEUR, SANTÉ ET PLEINS DE BEAUX PROJETS 

Pour ma part j’ai fêté le réveillon à la péruvienne, en me rendant sur la Plaza de Armas en portant du jaune (signe de prospérité, d’ailleurs des pétales de fleurs jaunes jonchaient les devantures des maisons) et en faisant le tour de la place en courant à minuit (cela porterait chance). Et comme il paraît que courir avec un sac à dos vide serait propice à de nouveaux voyages, je n’ai pas oublié d’emporter mon petit sac à dos ce soir là ! Niveau ambiance il y avait foule, les péruviens lançaient des confettis sur leurs voisins et des feux d’artifices un peu partout (on repassera niveau sécurité…), certains restés sur les balcons observaient la scène tout en entonnant des chants faisant davantage penser à des hymnes de football.

Bref, arriba Perú y Feliz Año Nuevo 😊

Maras/Moray/Chinchero

Hier je me retrouvais encore embarquée dans une journée de visites. Au programme : les terrasses de Moray, les salines de Maras (véritable coup de coeur) et une fabrique de textile artisanale.

Laine de mouton ou d’alpaca, racines pour détergent; fleurs, plantes, lichen, maïs et cochenille pour colorant; sel pour fixer les couleurs ; os de llama pour travailler le tissu si besoin… L’artisanat est tout un art et bien sûr écologique !

Après cet intermède sur le textile, il était temps de me rendre aux fameuses terrasses de Moray. Elles étaient utilisées par les Incas pour faire des expériences agricoles. Les murets en forme de cercles concentriques et construits à différentes hauteurs permettaient d’obtenir divers climats et ainsi de tester différentes variétés de légumes sur quatre sites, le tout en étudiant le comportement de la lune, du soleil ou des étoiles. La température était plus chaude au centre et diminuait à mesure qu’on s’en éloignait.

Le plus surprenant peut-être, est que si l’on trace un cercle sur une mappemonde on se rend compte que ce site archéologique est parfaitement aligné avec d’autres sites de haute importance comme Petra, Angkor Wat ou encore les pyramides Égyptiennes… D’autres sites bien mystérieux !
En ce qui concerne les salines c’est le plaisir des yeux! Et des papilles ? On dit que c’est le meilleur sel du monde … il n’y a plus qu’à goûter !

Rainbow Mountain et Valle Rojo

Encore un trek époustouflant ! Si je continue comme ça je ne vais pas quitter Cusco … 
Rendez-vous à 4h du matin Plaza de Armas pour l’ascension permettant d’admirer la Rainbow Mountain ou Montaña de Colores. Il faudra environ deux heures de marche pour atteindre les 5000m mais en mastiquant quelques feuilles de coca c’est une randonnée qui s’avère facile. J’ai pris cette habitude de mâcher la coca depuis le trek de Salkantay car le maté seul ne suffisait pas, j’avais toujours la respiration saccadée. Je tente même un sprint à la fin avec mes compagnons du jour mais on s’esclaffe en se rendant compte de notre erreur… Faut pas pousser non plus ! Arrivés au sommet on savoure… les couleurs sont incroyables et la vue sur la vallée derrière nous est splendide. On s’arrête le temps d’immortaliser ça puis on prend la route de la Vallée Rouge ou Valle Rojo. 
Cette partie du circuit n’est proposée que par quelques agences car très récent (3 ans). Nous étions les seuls sur le chemin et pourtant je ne pourrais que recommander cette route magnifique qui en plus évite un bête aller retour. C’est un pur lâcher prise. Au détour d’un col, tout se teint soudain de nuances rouges et vertes. Le sol devient meuble; les minéraux, comme du sable, se tassent sous nos pieds mais il y en a tellement que nous nous enfonçons. Il ne manque que la planche et l’on pourrait faire du sandboard! Des tâches de mousse d’un vert qu’on croirait presque phosphorescent contrastent ici et là ce paysage. Et non loin de là le glacier en impose de son blanc immaculé. 

Lors de ces quatre heures de descente nous apercevons uniquement trois fermes, des lamas, alpacas, chevaux, et quelques modestes plantations de pommes de terres. Une rivière couleur saumon serpente enfin entre des vallées redevenues vertes. 
C’est imparable, la magie péruvienne a fonctionné!

Trek de Salkantay/Machu Picchu

Le Trek de Salkantay est un joli trek de 4 ou 5 jours au choix entre montagne et jungle qui s’achève par la visite du Machu Picchu depuis Hidroeléctrica. Environ 8h de marche par jour avec un point culminant à 4650 m. Très agréable mais de mon point de vue moins beau que celui de Santa Cruz à Huaraz ou le Parc Huascarán. 

Le troisième jour, après avoir longé la voie ferrée pendant 3h nous dormons à Aguas Calientes. Le réveil est programmé à 4h30 le lendemain matin. Départ à la lampe torche jusqu’au point de départ de l’ascension du Machu Picchu. Les portes s’ouvrent à 5h, nous sommes les premiers à partir sans compter les chiens qui jappent d’impatience en nous bousculant. Nous commençons à gravir les marches dont la taille varie énormément, dans le noir. De temps en temps on s’arrête pour reprendre notre souffle et nous delester de nos vestes. Après une heure et environ 1000 marches gravies nous atteignons l’entrée du site. Il est 6h, le brouillard est dense et c’est la déception… On ne voit rien! La pluie ne tarde pas à arriver et c’est dans ces conditions loin d’être optimales que démarre la visite. Heureusement vers 10h le ciel se dégage et c’est une autre vue qui s’offre à nous ! Le site est splendide et impressionnant à la fois, divisé en deux (une partie rurale en terrasse et une partie urbaine habitée). 

Malheureusement pour moi, cette excursion aura toujours un goût amer… En effet la veille au soir à Aguas Calientes j’apprenais que mon vélo venait d’être volé! Je n’ai donc pas tellement profité du Machu Picchu étant très préoccupée. Le soir même, à mon retour à Cusco je passais deux heures et demies au commissariat pour déposer plainte et après deux jours d’attente j’ai eu la bonne surprise de récupérer ma monture. Plus de peur que de mal donc mais une bien grosse frayeur quand même !

Ayacucho

Huancayo – Ayacucho

Bonjour à tous, je m’excuse pour ce manque de communication ces derniers jours sur le blog. Entre les faibles connexions, le vélo volé le 20 décembre… Puis retrouvé le 25, et les treks je n’ai pas eu beaucoup de temps pour moi. Mais ce matin je rattrape mon retard afin que vous puissiez vous mettre à jour !! J’en profite aussi pour vous souhaiter à tous de joyeuses fêtes de fin d’année !
À Huancayo mes amis français ont décidé de poursuivre la route en bus, ne se sentant toujours pas au top de leur forme. Je sors donc seule de la ville… Pour six kilomètres seulement en réalité puisqu’un cycliste fini par m’interpeller alors que je m’arrêtais pour prendre une photo! Jeremy vient de Seattle et nous partagerons les quatre prochains jours ensemble. Une personne très sympathique qui n’en est pas à son premier voyage. 

Nous suivons le fleuve Mataron en passant par Izcuchaca, La Esmeralda, Huanta et enfin Ayacucho. Nous passons la première nuit au milieu d’une forêt, la seconde derrière une maison en ruines face au canyon, la troisième au fond du canyon et la dernière au milieu des cactus! 

Les paysages sont époustouflants et nous ne rencontrons presque personne. Malgré tout le deuxième jour un couple de paysans vient à notre rencontre, ils parlent Quechua et très peu Castellano alors le dialogue est compliqué mais leur regard et leur sourire en disent long, ce fut une belle connexion! J’en profite pour demander à me faire tresser les cheveux à la péruvienne et ainsi prolonger un peu ce moment. Plus tard sur notre route je vois un petit garçon faire du vélo, je lui dis de nous rejoindre, sa mère rigole et nous offre une papaye ! C’est sympa mais c’est lourd 🤣

Ces quatre jours ont parfois été compliqués, notamment à cause d’un vent fort et surtout par une chaleur épouvantable le troisième jour, le sol en étant même craquelé ! Il fallait bien jauger sa consommation d’eau…

Arrivés à Ayacucho, nous passerons une journée à flâner dans cette ville coloniale qui a enfin quelque chose qui sort du lot (depuis mon arrivée au Pérou je m’extase devant les parcs naturels mais les villes n’ont rien d’extraordinaire !) puis direction Cusco en bus. C’est ici que je quitte Jeremy car je pars faire le trek de Salkantay pour quatre jours.

De La Unión à Huancayo

Depuis la Union nous avons enchaîné les dénivelés positifs pour rejoindre Huanuco et San Rafael. Dans les villages de montagne aux maisons d’adobe, la saison des pluies nous a parfois bien compliqué la tâche : les pluies diluviennes péruviennes créant de grosses ornières de boue fraîche. C’est lors d’un de ces jours pluvieux, après avoir essuyé un orage, que nous sommes arrivés  à Acobamba. On décide de faire une pause, la chaîne de Julien se bloque sur le premier et le deuxième plateau. Wilmer arrive alors et nous propose l’hébergement à Chupan, le village d’à côté. Finalement, pour la toute première fois du voyage cette expérience chez l’habitant nous laissera un goût amer. Candidat aux futures élections municipales, il n’a eu cesse de profiter de notre présence pour aller saluer tout le village à nos côtés et prendre quantités de photos. On s’est senti utilisés à nos dépens. On a pris congé le lendemain alors que l’orage pointait déjà le bout de son nez. Heureusement pour nous Chavinillo n’était pas loin. Une nuit dans ce petit village paisible où les gens sont très accueillants et on repartait pour 73km. Là bas à Huanuco, Midori et sa famille nous ont accueillis pour deux nuits au dessus de leur boulangerie. Le temps de nettoyer nos vélos et de faire une petite révision, nous les avions quelque peu malmenés depuis notre entrée au Parc Huascarán ! Le temps aussi de faire le plein de pain et de paneton maison (les fêtes de fin d’année approchant, on voit ces brioches fourrées aux fruits confits (quelques peu artificiels  les fruits… ) dans toutes les grandes surfaces ou petites échoppes!) Puis alors que nous faisons route pour San Rafael, nous rencontrons un couple colombien parti rejoindre la Terre de feu eux aussi mais eux rentreront en Colombie également à vélo. On leur souhaite bien du courage et on reprend notre chemin. Enfin arrivés, les policiers nous offrent la douche et la mairie son balcon pour « planter » la tente. Malheureusement, mauvaise surprise pour Marlène qui se réveille avec une forte fièvre, on décide donc de prendre le bus pour Huancayo. C’est ça les aléas du voyage !